En Ituri, province du nord-est de la République Démocratique du Congo, les populations civiles restent piégées dans un cycle infernal de violences. Les affrontements entre groupes armés et les opérations militaires continuent de semer la mort et le désespoir.
Face à cette crise persistante, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) multiplie les interventions humanitaires pour venir en aide aux plus vulnérables. Rien qu’en octobre, plus de 12 000 personnes déplacées ont reçu des vivres et des articles essentiels dans la chefferie de Mambisa, territoire de Djugu. Ces familles, de retour après des mois de fuite, ont retrouvé leurs maisons incendiées et leurs biens pillés.
« Je n’avais jamais imaginé voir le sang de mes enfants couler dans ma maison », confie Thérèse, une mère endeuillée par les combats.
Une crise humanitaire multidimensionnelle
Depuis plusieurs années, l’Ituri est le théâtre de violences récurrentes : attaques ciblées, pillages, enlèvements, et affrontements entre groupes armés. Le CICR rappelle que le droit international humanitaire interdit toute attaque contre les civils et leurs biens.
Les conséquences sont dramatiques : pertes humaines, déplacements massifs, violences sexuelles, recrutement d’enfants et famine. Selon l’ONU, plus d’1,5 million de personnes vivent dans l’insécurité alimentaire. Les agriculteurs, craignant pour leur vie, abandonnent leurs champs.
L’accès aux soins est également compromis. De nombreuses structures de santé ont été détruites ou pillées, et le personnel médical fuit les zones de conflit. Entre juillet et octobre 2025, plus de 200 blessés par armes ont été pris en charge à la clinique Salama de Bunia, soutenue par Médecins Sans Frontières.
Le CICR appuie plusieurs hôpitaux dans les territoires de Djugu et Irumu. « L’insécurité réduit considérablement les consultations, surtout pour les femmes et les enfants », souligne Alfred Wadie, chef adjoint de la sous-délégation du CICR à Bunia.
Santé mentale, eau potable et appel au respect du droit humanitaire
La dégradation du réseau d’eau potable pousse certaines familles à consommer de l’eau non traitée, augmentant les risques de maladies. Sur le plan psychologique, les traumatismes s’accumulent. Le CICR constate une hausse des cas de dépression, d’anxiété et de stress post-traumatique dans les structures de santé qu’il soutient.
« Nous appelons toutes les parties aux conflits à respecter le droit international humanitaire et à protéger les populations civiles », a déclaré François Moreillon, chef de la délégation du CICR en RDC.
Bilan des actions du CICR (janvier–septembre 2025) :
– Plus de 21 000 personnes assistées avec des semences et outils agricoles
– Accès à l’eau potable facilité pour plus de 23 000 habitants
– 40 000 consultations médicales soutenues
– 27 enfants réunis avec leurs familles
Eugène Laro



