Le Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo (CALCC), bureau diocésain de Bunia, a exprimé ce samedi sa vive préoccupation face à l’aggravation des violences dans le territoire de Djugu. Les miliciens de CODECO ont mené, le 21 juillet, une série d’attaques coordonnées dans les localités de Lopa, Gina et Nizi, provoquant une onde de choc dans la région.
Dans un communiqué officiel signé par son président diocésain, M. Germain Mbukana Mateso, le CALCC dénonce la dégradation persistante de la sécurité en Ituri, pointant les répercussions humanitaires et sociales considérables. Des cas de pillage, de profanation d’églises et de destruction d’infrastructures sociales sont rapportés dans les zones attaquées.
« L’Église paroissiale Saint Jean de Capistran de Lopa a été profanée, les populations déplacées et terrorisées, tandis que la RN27 entre Nizi et Bambu reste partiellement impraticable », indique le communiqué.
Le CALCC critique la passivité des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et le manque d’intervention des Casques bleus de la MONUSCO, pourtant présents à Lopa au moment des faits. Il pointe également le silence persistant des autorités provinciales et nationales, malgré l’état de siège toujours en vigueur.
« Il est inacceptable que des engagements de cessez-le-feu soient régulièrement violés sans conséquences, pendant que la population civile paie le prix fort de cette impunité », déplore le message.
Face à cette nouvelle flambée de violences, le CALCC formule plusieurs recommandations clés :
- Une protection immédiate des civils par les autorités congolaises et leurs partenaires ;
- Le respect des lieux de culte et des ministres de Dieu ;
- L’ouverture d’une enquête indépendante sur les événements du 21 juillet ;
- La mise en œuvre effective du programme DDRCS (Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation) promis aux groupes armés.
Ce nouvel appel intervient alors que les tensions restent vives dans de nombreuses localités de Djugu, où les déplacements de masse se poursuivent, exacerbant une crise humanitaire déjà critique.
Heri Budjo Joël




