Face à l’épidémie d’Ebola qui sévit en Ituri, les autorités sanitaires ont décidé de rendre gratuits tous les soins de santé pour l’ensemble de la population, dans toutes les structures sanitaires publiques et privées de la province. Une mesure exceptionnelle destinée à garantir l’accès aux soins pour tous, sans que la lutte contre Ebola ne se fasse au détriment de la prise en charge des autres maladies.
« Nous avons décidé de rendre tous les soins de santé gratuits pour tout le monde en Ituri pendant cette période de l’épidémie d’Ebola. Pendant que nous parlons d’Ebola, le paludisme continue de tuer, tout comme d’autres maladies. Il ne faut donc pas que la réponse à Ebola empêche la continuité des soins pour les autres pathologies », a expliqué le Dr Samuel Roger Kamba, ministre congolais de la Santé.
Cette décision, annoncée vendredi lors d’un briefing spécial sur Ebola tenu à Bunia, vise notamment à permettre aux personnes disposant de moyens financiers limités de fréquenter les centres de santé et les hôpitaux afin de bénéficier des soins nécessaires. Les autorités rappellent que, même en période de riposte contre Ebola, la prise en charge des autres maladies doit se poursuivre normalement dans toutes les structures sanitaires.
Pour assurer l’efficacité de cette mesure, toutes les structures de santé concernées seront recensées et les prestataires de soins seront rémunérés par l’État et ses partenaires.
« Tous les soins seront gratuits dans les centres de santé et dans les différentes structures sanitaires publiques et privées. Cela implique que toutes ces structures seront répertoriées et que les prestataires seront payés », a précisé le ministre.
Au-delà de l’accès aux soins, cette stratégie vise également à renforcer la détection précoce des cas suspects d’Ebola. En prenant en charge les patients atteints d’autres pathologies, les centres de santé pourront identifier les personnes présentant des symptômes suspects et les orienter rapidement vers les centres spécialisés.
Les autorités souhaitent ainsi éviter que certaines structures, notamment privées, ne gardent des patients atteints d’Ebola dans le but de percevoir des frais de soins. « Nous voulons empêcher que des structures considèrent qu’elles ne sont pas concernées par la riposte et continuent à traiter ces malades uniquement pour des raisons financières », ont-elles souligné.
Toutefois, les autorités rappellent que le traitement de la maladie à virus Ebola reste exclusivement réservé aux centres de traitement agréés. Aucune autre structure sanitaire n’est autorisée à prendre en charge les cas confirmés. Tous les cas suspects doivent être immédiatement référés vers les centres de traitement Ebola validés par les autorités sanitaires.
La Rédaction




