Malgré la chute spectaculaire du taux du dollar américain, les prix des produits de première nécessité restent désespérément élevés sur les marchés de Bunia et dans plusieurs localités de l’Ituri. Une situation paradoxale qui accentue la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
Un paradoxe monétaire qui préoccupe
Depuis deux semaines, le taux de change est passé d’environ 2 900 à 2 200 voir 2000 francs congolais pour un dollar. Pourtant, cette appréciation du franc congolais n’a pas entraîné de baisse visible des prix. Dans les stations-service, un litre d’essence continue de se vendre à 3 400 FC, exactement comme avant la chute du dollar.
Le constat est identique dans les alimentations, magasins, boutiques, écoles, hôpitaux et compagnies de télécommunication. Le coût de la vie demeure figé à un niveau élevé, sans que le taux de change amélioré ne profite aux consommateurs.
« Partout, on te vend les produits au prix ancien, mais on t’échange ton argent au taux de 2 000 FC pour 1 dollar. On dirait que tout le monde vole le peuple à ciel ouvert », déplore un habitant de Bunia.
La société civile hausse le ton
La société civile de l’Ituri est montée au créneau ce samedi 18 octobre 2025 pour dénoncer cette incohérence. Dieudonné Lossa interpelle les commerçants à revoir les prix de leurs marchandises conformément à la baisse du taux de change.
La coordination provinciale de la société civile, par la voix de son coordonnateur, l’ingénieur Dieudonné Lossa, appelle à une descente urgente des services de l’économie.
« La population doit profiter effectivement de la baisse du dollar. Sinon, les efforts du gouvernement resteront sans impact sur le quotidien des citoyens », a-t-il martelé.
Selon lui, certains opérateurs économiques profitent de la situation pour maintenir artificiellement des prix élevés, avec la complicité passive de certains services publics.
Les commerçants se défendent, évoquant l’achat de leurs stocks à l’ancien taux et des coûts de transport encore non révisés.
Pourquoi la baisse du dollar ne fait pas baisser les prix ?
Les raisons peuvent être multiple :
1. Les anciens stocks: Les commerçants écoulent encore les marchandises achetées au taux élevé, pour éviter des pertes.
2. Les coûts de transport et d’approvisionnemt: Ces charges n’ont pas encore été ajustées à la nouvelle valeur du franc congolais.
3. L’absence de contrôle des prix: Le manque de régulation efficace laisse le champ libre aux abus.
4. Le manque de transparence: Les marges successives entre importateurs, grossistes et détaillants maintiennent les prix artificiellement hauts.
5. Les réflexes du marché: En RDC, les prix montent vite quand le dollar grimpe, mais descendent lentement quand il baisse, un comportement psychologique bien connu des économistes.
La baisse du dollar est une bonne nouvelle macroéconomique, mais sans contrôle des prix, coordination et communication, les ménages n’en verront jamais les effets positifs.
Eugène Laro




