L’Initiative des Femmes Entrepreneurs pour le Développement Durable (IFEDD) a réuni, ce mercredi à Bunia, quinze professionnels des médias locaux, dont douze femmes et trois hommes, dans le cadre d’un atelier consacré au renforcement de leurs capacités en matière de paix, de cohésion sociale et de leadership inclusif.
Cette activité s’inscrit dans le projet « Renforcement du leadership des femmes et des jeunes pour la paix à travers la mise en place d’un incubateur de paix ». L’objectif est notamment de renforcer le rôle des médias dans la prévention des tensions et la promotion d’une information responsable dans un contexte marqué par les conflits.
Pour l’IFEDD, les journalistes constituent des acteurs importants dans les zones affectées par les violences. Par leur manière de traiter et de diffuser l’information, ils peuvent contribuer soit à apaiser les tensions, soit à les exacerber.
La session a été animée par la journaliste Jolie Palmer, qui a appelé les professionnels des médias à faire preuve d’une vigilance accrue face aux réalités sécuritaires de l’Ituri.
Elle a particulièrement insisté sur la nécessité d’adopter une communication sensible aux conflits et inclusive, en veillant notamment au choix du langage et à la représentation équitable des différentes composantes de la société, avec une attention particulière accordée aux femmes, aux jeunes et au leadership féminin.
« Continuons à sensibiliser, continuons à traiter nos informations avec neutralité et avec professionnalisme pour être en mesure de contenir les tensions entre les communautés », a déclaré Jolie Palmer.
Des journalistes comme acteurs de paix
Au-delà de la formation, l’IFEDD souhaite voir émerger un réseau solidaire de journalistes capables de contribuer, à travers leurs productions, à la pacification et au renforcement de la cohésion au sein des communautés.
L’organisation estime que le traitement rigoureux et équilibré des informations, qu’elles concernent la sécurité, l’économie ou le développement, peut contribuer à promouvoir des comportements favorables à la paix et à favoriser l’émergence de leaders locaux.
Abordant la question de la pertinence du genre et du leadership dans un contexte marqué par la crise sanitaire, Jolie Palmer a souligné que les différentes urgences auxquelles fait face l’Ituri ne doivent pas faire oublier la persistance de l’insécurité.
Selon elle, alors que l’épidémie d’Ebola est appelée à prendre fin, les violences attribuées aux ADF et à d’autres groupes armés constituent un défi qui s’inscrit dans la durée.
Elle encourage ainsi les journalistes à renforcer leur professionnalisme, leur impartialité et leur neutralité dans le traitement de l’information afin de contribuer à la réduction des tensions et à la construction d’une paix durable en Ituri.
Emmanuel Jedidja



