Entre le 13 et le 21 juillet, 33 civils, dont des femmes et des enfants, ont été massacrés dans les chefferies de Bahema-Baguru et Mambisa, situées dans le territoire de Djugu. Face à cette tragédie, le député national Gratien Iracan de Saint-Nicolas a adressé une correspondance officielle à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, lui transmettant la liste complète des victimes et tirant la sonnette d’alarme sur la gravité de la situation sécuritaire.
« Des civils non armés ont été assassinés froidement, sans aucune protection de la part des FARDC ni de la MONUSCO », dénonce-t-il dans son courrier transmis à la Primature.
Selon plusieurs sources locales, des miliciens de la CODECO ainsi que des éléments des forces régulières seraient impliqués dans ces exactions, dans un climat de confusion et d’impunité persistante.
Rappel du gouverneur militaire exigé
Dans une autre lettre adressée au Président Félix Tshisekedi, le député Iracan réclame le départ immédiat du gouverneur militaire de l’Ituri. Il l’accuse de n’avoir ni protégé les populations civiles, ni réagi efficacement face à la recrudescence des tueries.
« La population est abandonnée, les villages sont attaqués sans réaction, et les tueries deviennent une routine », écrit-il.
Selon l’élu, le commandement actuel a montré ses limites, compromettant davantage la confiance des citoyens envers les institutions étatiques.
Enquête parlementaire demandée
Le député a également introduit une requête formelle d’enquête auprès de l’Assemblée nationale afin d’établir les circonstances exactes des massacres, d’identifier les responsables, et d’inciter les autorités à sortir du silence.
« Ce drame ne peut rester impuni. Il faut des sanctions et des réponses concrètes », insiste-t-il.
Urgence humanitaire dans les zones oubliées
Les chefferies touchées figurent parmi les plus vulnérables du territoire de Djugu, et ne bénéficient d’aucune couverture sécuritaire adéquate. Des villages entiers ont été désertés, les survivants vivent dans la peur, et les infrastructures scolaires, sanitaires et religieuses sont régulièrement ciblées.
« Ce sont des zones oubliées de la République », regrette un chef local joint par téléphone.
Appel à une réponse politique nationale
En transmettant les noms des victimes au sommet de l’État, Gratien Iracan cherche à rompre le silence institutionnel et interpelle les autorités pour une mobilisation politique et militaire urgente, afin de sortir l’Ituri du chaos.
Heri Budjo Joël




