Face à une recrudescence de massacres dans la province de l’Ituri, le député national Gratien Iracan de Saint-Nicolas, élu de Bunia et membre de l’opposition républicaine, sonne l’alarme. Il dénonce l’inaction des autorités congolaises et interpelle directement le Président de la République, en sa qualité de Commandant Suprême des Forces armées, pour une réponse rapide, efficace et proportionnée à l’ampleur de la tragédie.
Depuis le 8 juillet, plus de 142 civils ont été tués dans les territoires de Djugu et d’Irumu, notamment à Nizi, Lopa, Iga-Barrière, Komanda et leurs alentours. Les victimes enfants, femmes, personnes âgées ont été tuées à l’arme blanche, brûlées vives ou abattues par balle.
Le massacre le plus récent remonte au 27 juillet à Komanda, où 43 civils, dont plus de 20 fidèles réunis en prière dans une église, ont été tués par des rebelles ADF.
« Trop, c’est trop ! Ces crimes sont commis dans des zones où les forces de sécurité sont censées exercer leur autorité. L’État a failli dans sa mission première : protéger les citoyens », dénonce Gratien Iracan.
L’état de siège remis en question
Instauré depuis quatre ans, l’état de siège en Ituri n’a pas permis de ramener la paix. Au contraire, l’insécurité persiste et s’aggrave. Pour le député, ce dispositif est un échec, et le maintien du gouverneur militaire, Johnny Luboya, n’est plus justifié.
« Où sont passés les services de renseignement, les forces conjointes avec l’Ouganda, la MONUSCO, les drones, les millions dépensés ? Pourquoi aucune alerte n’a-t-elle été donnée pour prévenir ces attaques ? », s’interroge-t-il.
Il accuse le gouvernement de passivité et évoque une complicité par silence, appelant à une prise de responsabilité politique et morale.
Cinq exigences pour l’Ituri
Au nom des populations meurtries, Iracan formule cinq revendications claires :
- Le rappel immédiat du gouverneur militaire pour son incapacité à assurer la sécurité.
- La comparution devant l’Assemblée nationale des responsables militaires et sécuritaires opérant en Ituri.
- La création d’une commission parlementaire indépendante pour établir les responsabilités.
- L’identification et l’indemnisation des familles des victimes, sous la supervision du Ministère de la Justice.
- La requalification immédiate de l’état de siège, conformément aux recommandations de l’Assemblée nationale et aux engagements du Chef de l’État.
« L’Ituri n’est pas une zone d’expérimentation militaire. Le peuple mérite la paix, la dignité et la sécurité. Il est temps de tourner la page des promesses et de passer à l’action », affirme-t-il.
Un engagement sans relâche
Gratien Iracan conclut en réaffirmant son engagement total à défendre les habitants de l’Ituri, jusqu’à ce que justice soit rendue.
« Le sang congolais ne doit plus couler dans l’indifférence. Ceux qui gouvernent et ne protègent pas sont comptables devant l’histoire », martèle le député.
Heri Budjo Joël




