Plusieurs sénateurs américains ont demandé à la National Basketball Association (NBA) de réexaminer ses liens commerciaux avec le gouvernement rwandais, invoquant le soutien présumé de Kigali au mouvement rebelle M23 et la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans une lettre adressée au commissaire de la NBA, Adam Silver, les élus estiment que la ligue « risque de se rendre complice d’une opération de blanchiment d’image par le sport menée par un gouvernement qui viole systématiquement les droits humains ». Ils rappellent qu’une première correspondance, envoyée en 2024, avait déjà exprimé des inquiétudes sur ce partenariat.
Les sénateurs soulignent que le vice-commissaire de la NBA, Mark Tatum, avait déclaré en septembre 2024 que la ligue adapterait ses actions si la politique américaine venait à évoluer concernant le Rwanda ou d’autres marchés de la Basketball Africa League (BAL). Selon eux, cet engagement doit désormais être pris en compte au regard du durcissement de la position américaine envers Kigali.
La lettre évoque l’intensification de l’offensive militaire rwandaise dans l’est congolais, le déploiement présumé de milliers de soldats et les accusations visant le M23 pour des exécutions de civils, violences sexuelles, recrutement d’enfants et actes de torture. Les conséquences humanitaires sont également mises en avant, avec des déplacements massifs de populations et des risques accrus d’insécurité alimentaire. Une offensive lancée après les accords de Washington, en décembre 2025, aurait provoqué le déplacement de 200 000 personnes supplémentaires.
Les signataires rappellent que les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont renforcé leurs sanctions contre Kigali, visant notamment des responsables militaires et des acteurs du secteur aurifère. Ils citent aussi la fin des partenariats commerciaux entre le Rwanda et certains clubs européens, dont Arsenal et Bayern Munich, en 2025.
Dans ce contexte, les sénateurs s’interrogent sur la compatibilité du maintien des relations commerciales entre la NBA et le gouvernement rwandais avec la politique actuelle des États-Unis. Leur correspondance s’inscrit dans un débat plus large sur la responsabilité des organisations sportives internationales face aux conflits armés et aux violations des droits humains.
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