La lutte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo met en lumière deux enjeux majeurs : un coût de riposte estimé à 319 millions de dollars et la garantie d’une prise en charge totalement gratuite pour les patients.
Lors d’un briefing de presse à Bunia, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a précisé que ce plan global s’inscrit dans une approche régionale impliquant la RDC et ses pays voisins. Le financement couvre les opérations de surveillance, de dépistage, de traitement, de communication et de coordination transfrontalière, dans un contexte où la propagation du virus reste sous étroite surveillance dans plusieurs provinces de l’Est.
Sur le plan social, le gouvernement insiste sur la gratuité des soins pour tous les patients atteints ou suspectés d’Ebola. Les tests, la prise en charge médicale et les traitements sont intégralement pris en charge par l’État et ses partenaires. « Il n’y a pas de prix pour la vie », a rappelé le ministre, soulignant que cette mesure vise à encourager un dépistage rapide et à réduire les retards de prise en charge, souvent responsables de complications.
Sur le plan médical, les autorités mettent en avant les progrès réalisés dans les traitements, notamment l’utilisation d’anticorps monoclonaux, d’antiviraux et de soins de soutien qui améliorent les chances de survie. Le ministre a cité les avancées enregistrées pour la souche Ebola-Zaïre, avec des traitements spécifiques comme Ebanga, développés grâce à la recherche menée en RDC par des experts nationaux, dont le virologue Jean-Jacques Muyembe.
Pour d’autres souches, telles que Bundibugyo, des recherches sont en cours afin de mettre au point des traitements à large spectre capables de couvrir plusieurs variants du virus, en collaboration avec des partenaires internationaux.
Dans ce contexte, la riposte repose sur une combinaison de moyens financiers importants, d’innovations thérapeutiques et d’une stratégie de santé publique axée sur la détection précoce.
Alors que le coût de la riposte continue de susciter des débats, les autorités congolaises réaffirment que l’objectif prioritaire reste la sauvegarde des vies humaines et la limitation de la propagation du virus dans l’Est du pays.
Heri Budjo Joël
