À la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, deux postes officiels illustrent un contraste saisissant dans la gestion de l’épidémie d’Ebola. À Goli, côté ougandais, les mesures barrières sont strictement appliquées : lavage obligatoire des mains pour tous les voyageurs, dispositifs de sensibilisation par haut-parleurs et contrôles sanitaires renforcés. En revanche, à Anzida, côté congolais, la vie semble suivre son cours normal, comme si la menace n’existait pas.
Des passagers s’interrogent : « Pourquoi l’Ouganda prend-il l’alerte au sérieux alors qu’en RDC, à Anzida, rien n’est visible ? Le virus vient de l’Ituri, mais c’est à l’étranger que les mesures sont appliquées avec rigueur. »
Ces points de passage accueillent chaque jour un flux important de commerçants transfrontaliers, opérateurs économiques et voyageurs. Ils facilitent les échanges de produits agricoles, manufacturés et divers marchandises entre la RDC, l’Ouganda et d’autres pays de la région des Grands Lacs. Or, l’Ituri avec Bunia, Mungwalu et d’autres localités est actuellement considéré comme l’épicentre de la maladie à virus Ebola.
Face à ce risque, des observateurs estiment qu’il est urgent de renforcer la riposte sanitaire du côté congolais afin d’éviter une propagation massive au sein de la population transfrontalière et de préserver la coopération économique régionale.
Jean Maurice Udaga



