La gestion des prestataires de santé engagés dans la riposte contre Ebola est devenue un enjeu majeur pour le gouvernement congolais. À Bunia, le ministre de la Santé publique et de la Prévoyance sociale, Dr Roger Kamba, a annoncé une nouvelle approche visant à corriger les difficultés qui affectent le fonctionnement des équipes sur le terrain.
Cette révision intervient après plusieurs plaintes liées aux retards de paiement, aux contestations sur les listes des bénéficiaires et aux soupçons d’intermédiation dans le processus de rémunération. Pour les autorités sanitaires, ces problèmes risquent d’affaiblir la motivation des agents alors que la riposte nécessite une mobilisation constante.
Pour répondre à ces défis, le gouvernement prévoit de mettre en place une carte numérique individuelle pour chaque prestataire impliqué dans la lutte contre Ebola. Ce dispositif doit permettre d’identifier clairement les agents actifs et de garantir que les paiements arrivent directement aux véritables bénéficiaires, sans passer par des intermédiaires.
Le secrétaire général à la Santé, chargé du pilier des ressources humaines, accompagne le ministre afin de vérifier que les personnes inscrites dans le dispositif sont réellement celles qui participent aux activités de riposte.
Cette réforme traduit une volonté de renforcer la transparence et la traçabilité dans la gestion des ressources humaines, mais aussi de restaurer la confiance entre les autorités et les équipes opérationnelles.
Elle intervient alors que l’épidémie reste active 54 jours après sa déclaration. Parallèlement, la surveillance épidémiologique a confirmé l’entrée de la Tshopo et du Haut-Uele parmi les provinces touchées, tandis que le Sud-Kivu sera retiré de la liste après 42 jours sans cas positif actif.
Pour Kinshasa, l’enjeu n’est donc pas seulement de combattre le virus, mais aussi de garantir une organisation efficace de ceux qui sont en première ligne de la riposte.
Heri Budjo Joël




