Trois engins explosifs ont été détruits par le Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS), sous l’égide de la MONUSCO, dans la cité de Bule, à environ 80 kilomètres de Bunia, dans le territoire de Djugu, en Ituri.
L’opération, menée mardi 18 août, intervient alors que des habitants commencent à regagner leurs domiciles après près de neuf mois passés sur le site de déplacés de la Plaine de Savo. Elle visait à écarter une menace potentiellement mortelle pour les civils et à renforcer la sensibilisation sur les risques liés aux mines et aux restes explosifs de guerre.
Des explosifs retrouvés au retour des habitants
Les trois engins avaient été découverts la semaine précédente par des habitants dans le centre commercial de Bule. Certains se trouvaient notamment à proximité d’habitations, dont l’un était coincé dans le mur d’une maison.
Après le signalement, les Casques bleus de la MONUSCO ont sécurisé le périmètre en attendant l’intervention des spécialistes. Une équipe d’UNMAS venue de Bunia s’est ensuite rendue sur place pour procéder à leur destruction dans des conditions sécurisées.
L’intervention a été accueillie favorablement par la population locale, qui mesure le danger que représentent ces engins abandonnés après les combats.
« Nous remercions la MONUSCO pour cette action et sommes très contents, car certains de ces engins explosifs étaient restés coincés dans le mur de la maison. Nous remercions Dieu pour le travail que vous venez d’accomplir en l’extirpant », a témoigné Etienne Mandje, homme d’affaires à Bule.
Bule demande un déminage plus large
Malgré cette opération, la présence d’autres restes explosifs de guerre n’est pas exclue dans la cité, qui a été le théâtre de violents affrontements entre les FARDC et des groupes armés, notamment la CRP de Thomas Lubanga, au cours des derniers mois.
Les autorités coutumières et les habitants appellent ainsi à une opération de dépollution plus étendue de Bule. Pour eux, le déminage de la zone est indispensable afin de sécuriser durablement cette agglomération de plus de 50 000 habitants et de permettre aux personnes déplacées de rentrer chez elles sans exposer leur vie à de nouveaux dangers.
La population sensibilisée aux objets suspects

En parallèle de la destruction des explosifs, les spécialistes d’UNMAS ont sensibilisé les habitants aux comportements à adopter face à un objet suspect.
Le message est simple : ne pas toucher, ne pas déplacer et signaler immédiatement tout objet suspect aux services compétents.
Cette sensibilisation vise à prévenir de nouveaux accidents, alors que les restes explosifs de guerre continuent de constituer une menace pour les civils dans plusieurs zones de l’Ituri.
Les restes explosifs, un risque qui persiste en Ituri
Dans les territoires de Djugu et d’Irumu notamment, des engins explosifs sont régulièrement signalés dans des zones ayant connu des affrontements armés.
Pour la MONUSCO et ses partenaires, les opérations de déminage, associées à la sensibilisation des communautés, restent donc essentielles pour protéger les populations civiles et accompagner le retour des déplacés dans leurs localités d’origine.
À Bule, la destruction de ces trois engins constitue ainsi une étape importante, mais les habitants estiment que le travail doit se poursuivre pour que le retour à la vie normale ne soit pas compromis par les dangers laissés par les conflits.
La Rédaction



