À Bunia, dans le quartier Bigo, commune Shari, un marché public a été érigé sur la voie publique, à proximité du laboratoire, et directement sous les câbles électriques de haute tension. Ce site, initialement occupé par des déplacés de guerre, s’est progressivement transformé en un espace commercial permanent, selon les témoignages des vendeuses qui y exercent.
« Depuis l’arrivée des déplacés, nous vendons nos produits ici. Cela nous évite de parcourir de longues distances jusqu’au marché central. Nous avons même construit en dur et attendons simplement l’inauguration, comme promis par les autorités », confie une commerçante.
Interrogées sur les risques liés à la présence de câbles électriques de haute tension au-dessus de leurs étals, les vendeuses se montrent rassurées.
« S’il y avait un danger, les autorités ne nous auraient pas autorisées à nous installer ici. D’ailleurs, une équipe de la société chargée de l’électricité est passée, sans signaler de risque particulier », affirment-elles.
Du côté de la Division Provinciale des Infrastructures et Travaux Publics, le ton est tout autre. Le service des Bâtiments et Édifices Publics qualifie cette installation de « construction anarchique » après avoir effectué une descente sur le terrain pour cartographier l’espace.
« Nous avons déjà saisi le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bunia pour demander la suspension des travaux », indique l’ingénieur Éric Asimwe, chef de bureau des Bâtiments et Édifices Publics. Il rappelle également la démolition d’un marché similaire à Kanyasi, également construit sous une ligne de haute tension.
Il convient de noter qu’à Bunia, les constructions anarchiques se multiplient malgré de nombreuses dénonciations. La plupart de ces édifices illégaux ne sont jamais démolis, en dépit des textes réglementant le secteur des infrastructures.
Jérémie Kaseke




