La ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, poursuit sa modernisation avec désormais 13 kilomètres de routes asphaltées réalisés par l’entreprise congolaise Safricas, grâce à un financement indirect assuré par la population locale. Les fonds sont collectés par les opérateurs pétroliers puis canalisés vers la Direction générale des recettes de la province de l’Ituri (DGRPI). Une avancée majeure qui s’inscrit dans la dynamique de transformation urbaine engagée ces dernières années afin d’améliorer la mobilité et l’image de la ville.
Parmi les axes déjà aménagés figurent le tronçon rond-point SONAS jusqu’au rond-point Dhele, la boucle du gouvernorat, la rue Ituri jusqu’à Rawbank, le rond-point SONAS jusqu’à l’Hôpital général en passant par la prison centrale, le rond-point Marché central jusqu’au pont Lokorto, ainsi que la rue Kasavubu à la sortie de Vodacom. Il ne resterait qu’environ un kilomètre à achever sur l’avenue menant vers le camp PM, en direction de la prison centrale.
Cependant, les travaux de maçonnerie sur plusieurs de ces axes asphaltés restent inachevés. Certaines portions déjà asphaltées se détériorent, ce qui inquiète la population. Cette dernière exige un contrôle rigoureux des travaux ainsi qu’un renforcement du financement afin que l’entreprise finalise les chantiers.
Ces réalisations s’ajoutent à plus ou moins 50 kilomètres de routes déjà asphaltées par l’entreprise Mont Gabaon avec l’appui du gouvernement central, tandis que Good News poursuit encore certains chantiers. Une évolution saluée par de nombreux habitants, alors que Bunia sous État de siége, affiche progressivement un nouveau visage.
L’ensemble de ces projets vise à fluidifier la circulation, renforcer la sécurité routière et moderniser durablement la voirie urbaine.
Safricas affirme, de son côté, privilégier la qualité des ouvrages plutôt que la rapidité d’exécution. Selon ses responsables, les travaux respectent les normes techniques afin de garantir des infrastructures durables. L’entreprise salue également l’appui financier du gouverneur militaire de l’Ituri, jugé déterminant dans l’avancement du chantier.
Lancé en avril 2020 sous l’administration de l’ancien gouverneur Jean Bamanisa Saidi, ce programme est financé par les opérateurs pétroliers de l’Ituri à travers une taxe conventionnelle conclue avec le gouvernement provincial. Prélevée sur la consommation des produits pétroliers, cette taxe est indirectement supportée par les consommateurs.
Toutefois, l’exécution des travaux n’a pas été sans difficultés. Le projet a connu des tensions entre pétroliers et autorités provinciales, sur fond de divergences sur la gestion des fonds et de politisation du dossier. À ses débuts, le bitume était transporté depuis Beni, à plus de 200 kilomètres, avant que Safricas n’installe finalement sa propre usine à Bunia.
Sous l’administration civile comme durant l’Etat de siège, l’entreprise indique avoir souffert d’irrégularités de financement, ne percevant pas toujours l’intégralité des montants attendus. Une situation qui aurait ralenti le rythme d’exécution malgré son expérience reconnue dans les travaux publics.
La Rédaction




