A l’occasion de la Journée mondiale de la vue, célébrée chaque deuxième jeudi du mois d’octobre, le centre ophtalmologique « Oculaire Aide Vision Bunia » a lancé, ce mardi 14 octobre 2025, une campagne gratuite de dépistage de la cataracte.
Le docteur Dieudonné Musubao, responsable du centre, a expliqué que cette initiative vise à faciliter l’accès aux soins spécialisés pour les personnes défavorisées, souvent confrontées à des coûts élevés.
« Tout le monde n’a pas la possibilité d’accéder à une consultation ophtalmologique, car elle coûte plus cher qu’une consultation générale. C’est pourquoi nous avons voulu donner cette chance aux personnes qui n’ont pas les moyens de connaître l’état de leur santé oculaire », a-t-il déclaré.
La campagne cible principalement le dépistage et le traitement gratuit de la cataracte, une pathologie qui demeure l’une des principales causes de cécité dans le monde. Le docteur Musubao rappelle que cette maladie est curable :
« Même lorsqu’une personne devient aveugle à cause de la cataracte, après une opération, elle peut recouvrer la vue. C’est ce qui nous motive à aider ceux qui ignorent que cette maladie se soigne », a-t-il ajouté.
Cependant, faute de ressources suffisantes, le centre ne peut prendre en charge gratuitement les autres affections oculaires. Les patients atteints de glaucome, de conjonctivite ou de rétinite doivent financer eux-mêmes leur traitement.
A la mi-journée, près de vingt cas de cataracte avaient déjà été diagnostiqués.
« Nous recevons des malades de toutes catégories. Certains souffrent de cataractes matures, d’autres encore à un stade précoce. Nous voyons aussi des cas de glaucome, de térgons, de staphylône et d’autres maladies des yeux », a précisé le médecin.
Selon lui, la cataracte peut avoir diverses origines : le vieillissement, les traumatismes oculaires, certaines maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension, ainsi que des infections mal soignées.
« Il existe même des cataractes congénitales chez les enfants. Mais la plus fréquente, la cataracte sénile, liée à l’âge, est aussi celle qui offre le plus d’espoir de guérison », a-t-il expliqué.
Le docteur Musubao a profité de cette campagne pour sensibiliser la population à l’importance de la prévention :
« Nous recommandons à tout le monde de consulter au moins une fois par an un ophtalmologue, même si l’on ne ressent rien. Certaines maladies, comme le glaucome, évoluent sans douleur et peuvent entraîner une perte de la vue irréversible », a-t-il averti.
Il a également mis en garde contre l’automédication et recommandé des gestes simples de protection :
« Il faut éviter l’automédication, se protéger contre la poussière et les rayons solaires, et porter des lunettes de protection même en l’absence de troubles visuels », a-t-il conseillé.
En conclusion, le médecin a salué le rôle des médias dans la sensibilisation du public :
« Merci à vous qui permettez que nos messages atteignent toute la population de l’Ituri. La santé des yeux est un bien précieux qu’il faut préserver », a-t-il conclu.
Eugène Laro




