Depuis le 9 septembre 2025, l’auditorat militaire de garnison de Beni a annulé tous les griefs qui pesaient sur Maître Christian Uteki, initialement condamné à 20 ans de servitude pénale. Pourtant, malgré cette décision, l’intéressé demeure détenu à la prison centrale de Kangwayi à Beni. Une situation que déplore Maître Christian Mugisho, avocat au barreau de l’Ituri et accompagnateur juridique de Maître Uteki.
« Contre la décision de condamnation, Maître Christian Uteki a relevé appel devant la Cour militaire du Nord-Kivu. La Cour a examiné l’appel, accompagné de ses avocats-conseils dont je fais partie. Nous avons démontré au juge d’appel que la première œuvre était une œuvre critique qui nécessitait une annulation totale. Après nous avoir suivis dans nos argumentaires et après examen des motifs d’appel, constitués de neuf griefs reprochés à Christian Uteki, la Cour a déclaré l’appel recevable et fondé. Par voie de conséquence, elle a annulé l’œuvre du premier juge qui avait condamné Maître Christian Uteki à 20 ans de servitude pénale », a expliqué Maître Mugisho.
Et d’ajouter : « Pour le moment, sur le plan du droit, Maître Christian Uteki est essuyé de tout ce qui lui était reproché. Le juge d’appel ayant déclaré son appel recevable et fondé, cela signifie qu’il n’existe plus de condamnation sur son dos. »
Mais pourquoi reste-t-il en détention ?
Selon Maître Mugisho, cette situation est injustifiée : « C’est le regret que je manifeste. Dès lors que le juge d’appel annule l’œuvre entreprise, non pas pour incompétence du premier juge ni pour saisine irrégulière, mais pour une autre raison, le confrère Christian Uteki devait bénéficier d’une libération immédiate depuis le 9 septembre 2025. »
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Il évoque un dysfonctionnement administratif préoccupant : « Le jour où la Cour a prononcé son arrêt, j’ai fait diligence pour faire signifier l’arrêt ou la copie de la minute à Monsieur l’auditeur militaire du Nord-Kivu. Il l’a reçue. Mais le lendemain, lorsque nous sommes revenus au greffe, on nous a dit que l’arrêt qui logeait dans le dossier n’existait plus et qu’il serait entre les mains du premier président de la Cour militaire du Nord-Kivu pour des raisons que nous ignorons. »
Pour Maître Mugisho, cette situation soulève des soupçons d’ingérence politique : « Cela démontre clairement que les mains de certains politiques seraient dans cette affaire. Comme le droit a libéré notre confrère, si les politiques veulent s’y mêler avec certains du monde judiciaire, cela ne passera pas, conformément à l’article 107 du Code de procédure pénale. »
Affaire à suivre.
Denis Munguriek



