En Ituri, au moins 41 civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche, lors d’une attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), au nord-est de la République démocratique du Congo.
Les assaillants ont surgit entre « 00 heure et 1 heure » dans une église catholique de Komanda, localité située à 75 kilomètres de Bunia, alors que des fidèles participaient à une veillée de prière.
« Les membres du mouvement de la croisade eucharistique, qui étaient en pleine veillée en prévision de la célébration ce dimanche des 25 ans d’existence, ont été sauvagement abattus par les rebelles », témoigne Christophe Munyanderu, coordonnateur de la Convention pour le respect des droits humains (CRDH), organisation locale. Il avance un bilan provisoire de « 41 morts », précisant que les victimes ont été tuées à la machette et par arme à feu.
Le bilan varie selon les sources. Dieudonné Malangai, membre de la société civile du territoire d’Irumu, évoque « 38 morts, dont 31 personnes tuées dans la paroisse catholique et 7 autres dans la cité de Komanda, au quartier Buliki ». Il ajoute : « Parmi les victimes, il y a un homme retrouvé calciné dans un véhicule de marque Fuso et 13 autres personnes grièvement blessées, transférées à l’hôpital pour des soins appropriés. Plusieurs maisons d’habitation et de commerce ont été incendiées, les dégâts sont énormes. »
Sous le choc, le curé de la paroisse catholique de Komanda, l’abbé Aimé Lokana Dhego, confirme « le bilan de 31 corps retrouvés dans la paroisse » et se dit consterné par ce massacre. Selon lui, « plusieurs jeunes ont été enlevés » par les rebelles.
Le porte-parole des FARDC en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, confirme l’attaque, mais sans fournir de bilan.
Cette nouvelle tragédie survient après plusieurs mois d’accalmie relative dans la région, où les FARDC et l’armée ougandaise (UPDF) mènent une opération conjointe baptisée Shujaa, destinée à neutraliser les rebelles ADF. La société civile du territoire d’Irumu dénonce toutefois la « léthargie » de cette opération, qui échoue à protéger les populations locales.
À l’origine, les ADF sont une coalition de groupes armés ougandais, majoritairement composée de musulmans opposés au président Yoweri Museveni. Depuis octobre 2014, ces rebelles sont accusés d’une série de massacres atroces contre les populations civiles, notamment dans les territoires de Beni (Nord-Kivu) et Irumu (province de l’Ituri).
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