Gratien Unen Iracan de Saint-Nicolas, député national de Bunia-ville, réélu et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2028, a lancé ce lundi une alerte poignante sur la situation sécuritaire dans la province de l’Ituri. Dans sa déclaration, il pointe du doigt la perte de confiance de la population envers les autorités locales, en particulier le commandement militaire provincial, jugé incapable d’assurer la protection des civils.
Selon lui, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) souffrent d’une désorganisation partielle et d’infiltrations, compromettant leur efficacité. Il déplore également l’attitude passive de la MONUSCO, malgré sa présence dans certaines zones affectées.
Face à cette crise, le parlementaire formule quatre exigences immédiates :
- Le déploiement urgent d’une force conjointe FARDC–UPDF dans les zones les plus exposées, sous la supervision active de la MONUSCO ;
- La création d’une mission d’enquête indépendante, avec la participation des instances judiciaires nationales et des partenaires internationaux, pour documenter les crimes et poursuivre leurs auteurs ;
- Le rappel à Kinshasa du gouverneur militaire de l’Ituri, afin d’expliquer les dérives sécuritaires observées ;
- Une communication officielle du gouvernement central, pour éclairer la population sur les mesures envisagées et apaiser les inquiétudes.
« Nous refusons que l’Ituri devienne une zone d’expérimentation militaire ou de représailles communautaires. Chaque Congolais, quelle que soit son ethnie ou son village, mérite protection, justice et dignité », martèle Iracan.
Tout en pointant du doigt l’inaction de l’État, le député appelle les communautés locales à faire preuve de retenue :
« Ce n’est pas à la vengeance de régner, mais à la justice. Faisons confiance à l’État congolais. »
Cette sortie intervient dans un contexte alarmant : le territoire de Djugu est en proie à une recrudescence d’attaques armées, provoquant des déplacements massifs de populations et aggravant la crise humanitaire. L’Ituri reste placée sous état de siège depuis 2021, une mesure dont l’efficacité continue d’être mise en cause.
Heri Budjo Joël




