Le gouvernement congolais et les acteurs du secteur médiatique veulent renforcer la protection des journalistes tout en luttant contre les dérives sur les réseaux sociaux. Cette question était au centre d’une table ronde organisée ce lundi 12 octobre 2026 au Cercle de Kinshasa, dans la commune de la Gombe, à l’initiative du ministère de la Communication et Médias, en partenariat avec les ministères de la Justice et de l’Intérieur ainsi que l’organisation Journaliste en Danger (JED).
La rencontre a réuni des magistrats, des représentants de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), des conseillers de la Présidence et de la Primature, ainsi que des acteurs de la société civile.
Les discussions ont notamment porté sur l’application de l’ordonnance-loi n° 23/009 du 13 mars 2023 fixant les modalités d’exercice de la liberté de la presse, en articulation avec les dispositions du droit pénal. Les participants ont également examiné les défis liés à la désinformation, à la sécurité des journalistes et aux abus observés sur les plateformes numériques.
À l’ouverture des échanges, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a alerté sur les menaces qui pèsent sur l’exercice du journalisme, notamment avec la multiplication d’acteurs non régulés et les dérives constatées sur les réseaux sociaux.
Guillaume Ngefa met en garde contre la « justice des réseaux sociaux »
Intervenant comme panéliste, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a rappelé que la liberté d’informer est un droit constitutionnel qui doit s’exercer dans le respect des responsabilités professionnelles et des lois en vigueur.
Il a particulièrement dénoncé la tendance à rendre des verdicts sur les réseaux sociaux, où des personnes peuvent être accusées et condamnées dans l’opinion publique sans que les faits aient été établis par une juridiction compétente.
Le ministre a ainsi appelé les professionnels des médias à faire preuve de rigueur déontologique, notamment dans le traitement des affaires judiciaires. Si le compte rendu d’une procédure relève du droit du public à l’information, la détermination de la culpabilité d’une personne appartient au juge, dans le respect des garanties légales.
Le défi de concilier liberté d’expression et responsabilité
Les participants ont également insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les acteurs judiciaires et les professionnels des médias, particulièrement dans l’application du Code du numérique.
Cette collaboration devra permettre de lutter contre les abus en ligne tout en préservant la liberté de la presse, les droits fondamentaux et les garanties procédurales. L’enjeu est de trouver un équilibre entre la responsabilité des utilisateurs des plateformes numériques, la protection des journalistes et le respect des principes de l’État de droit.
Emmanuel Jedidja




