L’Association culturelle ENTE, regroupant le peuple Hema, alerte sur la situation des personnes déplacées de guerre ayant vécu sur le site de Kigonze, à Bunia, après des tirs nourris survenus dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 septembre 2026, qui ont occasionné la dispersion des déplacés. L’organisation appelle les autorités à se pencher sur les conditions de vie de ces personnes, désormais installées dans plusieurs quartiers de la ville.
Dans une déclaration publiée mercredi à Bunia, le Directoire national de l’ENTE affirme avoir dépêché une délégation auprès des autorités militaires provinciales ainsi que des représentants des déplacés de Kigonze et du site de l’ISP, situé aux environs de Kolomani et Bigo, afin de s’enquérir de leur situation.
Selon cette association culturelle, le site de Kigonze est désormais « totalement déguerpi », ses anciens occupants étant dispersés notamment à Mudzi Pela, Bigo et Kolomani. Certains auraient trouvé refuge auprès de familles d’accueil, tandis que d’autres passent la nuit à l’extérieur, exposés aux intempéries.
L’ENTE estime que la situation est particulièrement préoccupante pour les femmes et les enfants, en raison de leurs conditions d’hébergement depuis la dispersion du site. L’association déplore également l’absence, selon ses constatations, d’agents de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) et d’organisations humanitaires auprès des déplacés concernés.
Sur le plan sécuritaire, l’organisation affirme avoir constaté la présence de militaires des FARDC autour du site de Kigonze et, à certains moments, à l’intérieur de celui-ci. Elle indique cependant qu’aucune information officielle n’a, jusqu’ici, été communiquée sur la nature des opérations menées dans et autour du site.
L’ENTE signale par ailleurs que des incendies ont été constatés dans l’après-midi du mercredi 23 septembre dans des habitations de fortune ayant servi aux déplacés de Kigonze. La déclaration ne précise toutefois ni l’origine de ces incendies, ni leur bilan humain ou matériel.
Face à cette situation, l’ENTE demande à l’autorité provinciale de se pencher sur les conditions de vie des déplacés, majoritairement issus de la communauté Hema selon l’association, et de prendre des mesures en leur faveur. Elle rappelle que les personnes déplacées demeurent des populations vulnérables devant bénéficier d’une protection particulière.
L’ENTE interpelle également les groupes armés, notamment la CRP de Thomas Lubanga leur demandant de se retirer des sites de déplacés si la présence de certains de leurs éléments y est effectivement établie, afin de ne pas exposer davantage les civils aux conséquences des opérations militaires.
La Commission nationale pour les réfugiés est, de son côté, appelée par l’association à « ne pas démissionner de ses responsabilités statutaires » en matière de protection et d’assistance aux personnes déplacées.
Aux déplacés, l’ENTE recommande de coopérer avec les autorités congolaises et de signaler toute présence qu’ils jugeraient suspecte ou non autorisée dans les sites. L’association les invite également à se référer à ses responsables pour les questions liées à leurs relations avec les autorités.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités militaires ou provinciales sur les faits rapportés dans cette déclaration n’est intégrée au document de l’ENTE. Les circonstances précises de la dispersion des déplacés et des incendies signalés à Kigonze restent donc à établir officiellement.
Heri Budjo Joël




