Le ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI) a suspendu, jusqu’à nouvel ordre, toutes les activités académiques et para-académiques dans onze établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire des villes de Goma, au Nord-Kivu, et de Bukavu, au Sud-Kivu.
La décision, contenue dans un arrêté ministériel signé le 20 août 2026, intervient dans un contexte sécuritaire jugé « particulièrement préoccupant » dans ces deux villes.
La mesure suspend les inscriptions et réinscriptions, les enseignements, les évaluations, les délibérations ainsi que tout autre acte académique susceptible de conduire à la délivrance d’un titre académique au titre de l’année 2026-2027.
À Goma, sont concernés l’Université de Goma (UNIGOM), l’Institut supérieur de commerce de Goma (ISC-Goma), l’Institut supérieur des techniques médicales de Goma (ISTM-Goma), l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA-Goma) et l’Institut supérieur pédagogique (ISP-Goma).
À Bukavu, la suspension concerne l’Université officielle de Bukavu (UOB), l’Institut supérieur de commerce (ISC-Bukavu), l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM-Bukavu), l’Institut supérieur pédagogique (ISP-Bukavu), l’Institut supérieur de développement rural (ISDR-Bukavu) et l’Institut supérieur des arts et métiers (ISAM-Bukavu).
Les finalistes autorisés à achever leur cursus
Le ministère accorde toutefois une dérogation aux étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026 dont le cursus n’a pas pu être achevé normalement.
Ils peuvent présenter leurs évaluations et accomplir les activités académiques nécessaires à la finalisation de leur parcours dans des établissements publics ou privés légalement établis ou régulièrement constitués.
Les étudiants peuvent être accueillis dans d’autres établissements
Dans une note circulaire datée du 21 août 2026, le ministère demande par ailleurs aux établissements situés dans les zones non affectées par les conflits de faciliter l’accueil et l’intégration académique des étudiants régulièrement inscrits dans les établissements touchés.
Les établissements d’accueil sont appelés à vérifier leur situation académique et à mettre en place des modalités administratives adaptées afin de leur permettre de poursuivre ou d’achever leurs études.
Une attention particulière est accordée aux étudiants en médecine. Les établissements organisant les mêmes filières sont invités à faciliter leur accueil, notamment pour leur permettre de participer aux opérations de jury et, pour les finalistes, d’achever régulièrement leur cursus.
48 membres du personnel voient leur rémunération suspendue
Parallèlement à la suspension des activités académiques, le ministère a ordonné la suspension immédiate du paiement des rémunérations de 48 membres du personnel de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations.
Cette mesure fait suite aux conclusions d’une commission mixte chargée d’examiner la situation des membres du personnel accusés d’avoir rejoint le mouvement AFC/M23, de lui avoir prêté allégeance ou d’avoir accepté d’exercer des fonctions sous son autorité.
Selon les éléments communiqués par le ministère, les 48 personnes concernées comprennent notamment 28 professeurs, 12 chefs de travaux et 3 assistants. Les autres catégories de personnel figurent également sur la liste annexée aux instructions ministérielles.
Le ministère précise que cette suspension des rémunérations intervient dans l’attente de l’aboutissement de la procédure de révocation engagée à l’encontre des personnes concernées.
Les services compétents ont également été instruits de désactiver les personnes visées des listings de paie et de prendre les dispositions nécessaires pour empêcher le paiement de leurs rémunérations.
Une surveillance de la situation sécuritaire
Pour les établissements de Goma et Bukavu, la suspension reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Le ministère indique qu’une observation permanente de la situation sécuritaire a été mise en place afin de permettre à l’autorité de tutelle de prendre, dès que possible, les mesures nécessaires à la reprise normale des activités académiques.
Le ministère affirme que ces décisions visent notamment à préserver la régularité des cursus, la valeur des titres académiques délivrés par la RDC ainsi que la sécurité et les intérêts des étudiants et du personnel.
Joel Heri Budjo




