Réunie le mercredi 12 août 2026 sous la coprésidence du ministre de la Santé, le Dr Samuel-Roger Kamba, et de la ministre d’État Ève Bazaiba Masudi, la coordination stratégique nationale s’est penchée sur un lourd passif épidémiologique. L’épidémie vient de franchir le seuil critique des 2 000 décès, cumulant plus de 2 000 cas confirmés et près de 3 973 cas signalés depuis le début du mois d’août.
Cette mobilisation d’envergure des partenaires techniques et financiers répond à une situation sanitaire alarmante dans l’Est du pays. L’Ituri demeure l’épicentre névralgique de cette crise, abritant à elle seule près de 90 % des cas enregistrés sur l’ensemble du territoire national.
Sur le plan géographique, la menace s’étend à cinq provinces de l’Est et du Nord-Est, à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. À Kinshasa, une vive inquiétude avait également étreint les autorités à la suite d’une alerte concernant une embarcation en provenance du fleuve Congo, une alerte fort heureusement levée le 9 août après des analyses de laboratoire négatives.
Les services de santé rappellent que le renforcement de la coordination et des soins sur le terrain se heurte à des contextes opérationnels complexes, marqués par l’insécurité persistante entretenue par les groupes armés, en l’occurrence les ADF.
« Nos équipes doivent également composer avec des mouvements de protestation des personnels de santé réclamant leurs primes de risque, alors même que la souche actuelle Bundibugyo ne dispose d’aucun vaccin ni traitement curatif homologué », soulignent les rapports techniques.
Pour y faire face, le ministère de la Santé mise sur des leviers prioritaires : la gratuité des soins, l’implication communautaire et le renforcement de la surveillance aux frontières intérieures. L’application rigoureuse de ces directives demeure la condition sine qua non pour espérer, d’ici les trois prochains mois, inverser la courbe de l’épidémie selon les projections officielles.
Cette démarche s’inscrit dans les efforts constants du gouvernement congolais pour harmoniser la riposte sanitaire et garantir la transparence des données épidémiologiques auprès de la population.
Les autorités appellent ainsi à une vigilance citoyenne accrue et à une stricte observance des consignes sanitaires, maillons indispensables pour briser la chaîne de transmission en Ituri.
Emmanuel Jedidja




