Le leader communautaire Xavier Djakisa a lancé mercredi 22 juillet 2026 un cri d’alarme sur la progression de l’épidémie d’Ebola dans la chefferie de Mambisa, territoire de Djugu, en province de l’Ituri. Selon lui, la situation est devenue « critique » dans plusieurs localités, dont Dala, Nouveau et Alagi, où les décès se multiplient.
« À Dala, Nouveau et Alagi, nous enregistrons plusieurs morts par jour. Le nombre de personnes présentant les signes de la maladie à virus Ebola s’accroît continuellement. La situation nous échappe », a-t-il déclaré à l’issue d’une séance de sensibilisation organisée à Dala.
Djakisa dénonce l’absence d’intervention des équipes de riposte et souligne que les structures sanitaires, publiques comme privées, sont débordées par l’afflux de patients. Il s’inquiète également du manque d’équipes spécialisées pour les enterrements dignes et sécurisés, ce qui pousse les familles à procéder elles-mêmes aux inhumations, augmentant ainsi le risque de propagation du virus.
Le leader communautaire alerte aussi sur les conditions de prise en charge dans certaines formations sanitaires, où des malades suspectés d’Ebola seraient soignés aux côtés de patients atteints d’autres pathologies. Il attribue cette situation à l’absence de Centre de traitement Ebola (CTE) dans les secteurs de Dala, Lalu et Bambu.
Face à cette urgence, il appelle au renforcement des moyens de prévention, au déploiement rapide d’équipes spécialisées pour les enterrements sécurisés et à une intensification des campagnes de sensibilisation. Les leaders d’opinion présents à la réunion ont, eux aussi, recommandé le respect strict des mesures barrières, l’inhumation rapide des personnes décédées selon les protocoles sanitaires et une sensibilisation de proximité accrue.
Enfin, Xavier Djakisa exhorte le gouvernement provincial et les partenaires de la riposte à accorder une attention particulière aux localités de Dala, Lodda, Alagi et leurs environs, qu’il estime insuffisamment couvertes par les interventions actuelles.
Ces déclarations reflètent les inquiétudes exprimées par les acteurs communautaires. Elles n’ont pas encore été confirmées officiellement par les autorités sanitaires ou la coordination de la riposte contre Ebola.
Denis Munguriek




