L’organisation Justice Plus, en partenariat avec Search for Common Ground et avec l’appui du ministère néerlandais des Affaires étrangères, a organisé une série d’ateliers participatifs dans le territoire de Mahagi afin d’identifier les besoins prioritaires des communautés en matière de consolidation de la paix.
Les activités se sont déroulées du 24 au 25 juin 2026 dans la commune rurale de Mahagi, puis du 26 au 27 juin à Niarube, chef-lieu de la chefferie des War Palara. Elles visaient à permettre aux communautés locales d’identifier et d’analyser, de manière participative et inclusive, les principaux défis qui affectent la paix, la sécurité et la cohésion sociale, en vue d’élaborer des plans d’action communautaires durables.
Un projet axé sur la participation des communautés
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « From Grassroots to Global » (De la base au monde : responsabiliser les communautés dans les politiques de consolidation de la paix). Le projet est mis en œuvre dans plusieurs entités de l’Ituri, notamment dans les chefferies des Walendu Bindi et des Andisoma, en territoire d’Irumu, ainsi que dans la commune rurale de Mahagi, la chefferie des War Palara et la ville de Bunia.
Selon Jonathan Mugisa, chef du projet G2G au sein de Justice Plus, cette démarche a permis d’engager un dialogue direct avec les communautés afin de mieux comprendre les causes profondes des conflits.
« Nous sommes venus mener une recherche-action participative sur les facteurs locaux de la violence. Pendant deux jours, nous avons échangé avec les différentes composantes de la communauté afin d’identifier les éléments qui fragilisent la cohésion sociale et compromettent les efforts de consolidation de la paix », a-t-il expliqué.
Des priorités clairement identifiées
À l’issue des travaux, plusieurs obstacles au développement et à la sécurité ont été recensés. Pour Jonathan Mugisa, ces résultats serviront de base à un plan d’action communautaire qui sera suivi par un comité de pilotage mis en place avec les populations locales.
« Nous avons identifié plusieurs facteurs qui freinent le développement et la sécurité. Certains ont été retenus comme prioritaires afin que le projet puisse y apporter des réponses durables. L’objectif est que la communauté s’approprie pleinement cette initiative et travaille en étroite collaboration avec les autorités locales pour atteindre les résultats attendus », a-t-il souligné.
Les ateliers ont réuni des représentants de nombreuses organisations de la société civile, notamment la Ligue pour la paix et les droits de l’homme (LIPADHO), LIPADEM, le Cercle des jeunes leaders pour la paix et le développement (CJLPD), la Société civile de Mahagi (SOCIMAG), ainsi que des chefs coutumiers, leaders communautaires et d’autres acteurs locaux.
Les principaux besoins exprimés
Les participants ont mis en avant plusieurs priorités pour renforcer la paix et favoriser le développement dans le territoire de Mahagi :
- le renforcement de la sécurité et de la protection des populations ;
- la promotion du dialogue et de la réconciliation ;
- l’accès à une justice équitable et la lutte contre l’impunité ;
- la réinsertion socio-économique des jeunes ;
- l’amélioration de l’accès à l’éducation, avec la construction et la réhabilitation des écoles ;
- l’appui à l’agriculture et à la sécurité alimentaire, notamment par la distribution d’intrants agricoles ;
- la prise en charge psychosociale des victimes des conflits ;
- le renforcement de la gouvernance locale et de la participation citoyenne ;
- le développement des infrastructures de base, notamment les routes, les centres de santé et les réseaux d’eau potable.
Pour les organisateurs, ces priorités constituent désormais une feuille de route destinée à orienter les futures actions en faveur d’une paix durable et d’un développement inclusif dans le territoire de Mahagi.
Jean Maurice Udaga




