Le 15 mai 1997, dans les salons du palais présidentiel, Mobutu Sese Seko reçoit ses derniers piliers militaires et politiques. Ce face-à-face dramatique scelle le destin du Zaïre.
Constat d’impuissance
Likulia Bolongo, Premier ministre, Donat Mahele Lieko, chef d’état-major, et Nzimbi Ngbale, patron de la Division Spéciale Présidentielle, dressent un diagnostic sans appel : les rebelles de Laurent-Désiré Kabila sont aux portes de Kinshasa, l’armée se délite, et toute résistance ne ferait qu’entraîner un massacre de civils.
Le clan des durs
Dans l’entourage familial, la colère gronde. Kongulu Mobutu, surnommé “Saddam Hussein”, refuse toute capitulation et accuse Mahele de préparer le terrain à Kabila. La fracture entre militaires pragmatiques et clan familial atteint son paroxysme.
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La fuite inévitable
Physiquement affaibli et politiquement isolé, Mobutu comprend qu’il n’est plus en sécurité. La réponse évasive de Mahele à sa demande de protection achève de le convaincre : le maréchal doit quitter Kinshasa.
Conséquences immédiates
- Exil de Mobutu : quelques jours plus tard, il s’envole vers le Maroc, où il mourra en septembre.
- Prise de Kinshasa : le 17 mai, Laurent-Désiré Kabila entre dans la capitale et proclame la République démocratique du Congo.
- Mort de Mahele : accusé de trahison, le général est assassiné par des soldats loyalistes, symbole tragique de la fin du régime.
Ce 15 mai 1997 reste gravé comme le moment où Mobutu, après plus de trois décennies de règne, a vu son empire s’effondrer dans un silence lourd de tragédie.
Jonas Mukonkole




