De retour en Ituri après un séjour à Kampala, l’ancien cadre de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), Lievin Binbwengi Madipua, a annoncé publiquement sa décision de quitter la rébellion. Dans un entretien accordé à la presse, il a appelé les membres des groupes armés à privilégier la paix, qu’il considère comme la condition essentielle au développement de la province.
« Je reviens de Kampala, je suis maintenant dans mon pays, je suis rentré, je suis venu accomplir ce devoir civique, c’est-à-dire celui de retourner vers mon pays et, ensemble avec les compatriotes, voir comment bâtir ce pays », a-t-il déclaré.
Madipua affirme que son choix est motivé par les appels répétés des autorités congolaises en faveur du retour des compatriotes engagés dans les rébellions. « J’ai toujours suivi comment le Chef de l’État lui-même a tendu les mains : “Revenez, je suis là, je vais vous accueillir”. Je pense que c’est à l’issue de cela que j’ai pris la bonne décision de quitter ce groupe armé », a-t-il expliqué.
Critiquant la lutte armée, il estime qu’elle constitue un frein au développement. « Avec la rébellion, on ne peut jamais bâtir une nation ; en faisant la guerre, on crée plutôt le sous-développement », a-t-il affirmé, ajoutant que « la paix est la base de tout » pour garantir l’éducation, les infrastructures et les services sociaux.
Il a par ailleurs mis en cause les motivations du leader du mouvement, Thomas Lubanga, qu’il accuse de poursuivre des intérêts personnels. « Toute la rébellion que Monsieur Thomas Lubanga orchestre, c’est pour sa survie ; ce n’est pas pour le bien-être du peuple congolais, moins encore pour les Ituriens », a-t-il soutenu.
Reconnaissant ses erreurs passées, l’ancien responsable politique de la CRP a demandé pardon aux autorités et à la population. « Je demande pardon à la République, je demande pardon au Président de la République ; je suis revenu pour que la paix réelle revienne en Ituri », a-t-il déclaré.
Enfin, Madipua a exhorté ses anciens compagnons à abandonner la lutte armée, assurant que l’État garantit leur sécurité. « Je suis venu. Est-ce qu’on m’a dépecé ? Non. L’État ne tue pas, mais l’État plutôt reçoit et protège », a-t-il affirmé, invitant ceux qui sont encore « en brousse ou dissimulés » à sortir de la cachette pour contribuer à « la construction d’un Ituri fort et prospère ».
Jonas Mukonkole




