Une vive polémique secoue actuellement l’opinion publique dans la province de l’Ituri, après l’arrestation controversée de l’artiste LB3 Tate à Mongbwalu dans le territoire de Djugu, province de l’Ituri.
Selon plusieurs témoignages concordants, l’incident à l’origine de cette affaire se serait produit dans un établissement hôtelier local. Une altercation verbale aurait éclaté entre l’artiste et un civil identifié comme Christian Shauri, à la suite d’un malentendu lors d’échanges de salutations.
Toutefois, des sources proches du dossier évoquent un différend plus ancien entre les deux hommes. Par le passé, Christian Shauri aurait relayé sur les réseaux sociaux des accusations graves, associant l’artiste à des groupes rebelles. Des allégations que l’entourage de l’artiste qualifie aujourd’hui de non fondées, évoquant une mauvaise interprétation d’images issues d’un tournage.
En effet, il est rapporté qu’en 2017, LB3 Tate participait à une campagne de sensibilisation contre le braconnage dans la Réserve de faune à okapis, à Epulu, avec l’autorisation de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Dans ce cadre, il aurait porté une tenue assimilée à celle des éco-gardes, uniquement pour les besoins d’un projet audiovisuel.
La situation a pris une tournure judiciaire après le dépôt d’une plainte par Christian Shauri. L’artiste a été interpellé la nuit par des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), puis placé en détention dans des conditions dénoncées par ses proches.
Pour Eddy Makindu, juriste et proche de l’artiste, cette arrestation soulève plusieurs interrogations, notamment sur la compétence de la juridiction saisie. Il estime que les faits reprochés, pouvant relever d’injures ou de diffamation entre civils, devraient être traités par les juridictions civiles compétentes, et non par la justice militaire.
Dans un contexte sécuritaire déjà fragile en Ituri, plusieurs voix s’élèvent pour appeler au respect strict des procédures légales et à éviter toute instrumentalisation des institutions judiciaires.
L’affaire continue de faire réagir et pourrait relancer le débat sur les limites d’intervention de la justice militaire dans les litiges impliquant des civils.
Denis Munguriek




