Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles ADF/MTM a frappé le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le village de Bafwakoa, situé dans la chefferie des Babila-Babombi, a été la cible d’une incursion meurtrière, causant d’importants dégâts humains et matériels.
Selon des sources locales, les assaillants sont apparus vers 20 heures, incendiant plusieurs habitations et détruisant un camion-benne ainsi que cinq motos appartenant aux habitants. L’attaque a semé une forte panique et plongé la population dans la désolation.
Le bilan humain est particulièrement lourd : les FARDC confirment la mort de 43 civils. Selon des témoignages, plusieurs habitants ont été massacrés à l’aide d’armes à feu et d’armes blanches, et certains corps ont été retrouvés dans les habitations calcinées ou dispersés dans la brousse. L’armée qualifie ces violences d’« actes barbares » et de graves violations des droits fondamentaux.
Jospin Paluku Mbowa, acteur de la Nouvelle Société Civile du Congo à Mambasa, a dénoncé cette recrudescence de l’insécurité et a regretté l’intervention tardive des forces de sécurité :
« Ce matin, une intervention de l’armée est arrivée, mais c’était déjà trop tard, après le départ de l’ennemi avec quelques otages. »
Critiquant les discours officiels jugés trop optimistes, il souligne le décalage avec la réalité vécue par les habitants : « Alors que certaines personnes applaudissent et jettent des fleurs à l’armée, nous, sur le terrain, nous voyons le contraire. »
Face à la persistance des attaques, il appelle à une mobilisation collective pour mettre fin à cette crise sécuritaire : « La situation est très grave. Chaque jour, nous enregistrons des enlèvements, des incursions et des incendies de villages. Les femmes sont violées, les jeunes soumis à des travaux forcés. Nous ne devons pas continuer à vivre une telle situation. »
Pour sa part, le lieutenant Jules Ngongo Tshikudi, porte-parole militaire des FARDC, a indiqué que l’armée renforce le dispositif sécuritaire dans la zone et poursuit des opérations ciblées contre les groupes armés afin de traquer et neutraliser les ADF et leurs alliés. Il a également appelé la population à collaborer avec les services de sécurité et à signaler tout mouvement suspect.
Heri Budjo Joël




