Un nouvel éboulement meurtrier a endeuillé le secteur minier de la province du Lualaba. Le drame s’est produit le samedi 15 novembre 2025 en fin de matinée sur le site de Kalando, une mine de cuivre semi-industrielle située dans le village de Mulondo, territoire de Mutshatsha. Ce site est exploité à la fois par des creuseurs artisanaux et par le groupe minier Pajeclem, sous protection militaire.
Selon la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, le bilan officiel fait état d’au moins 32 morts, correspondant aux corps déjà repêchés et transférés dans les morgues locales. Toutefois, l’Association des creuseurs artisanaux du Lualaba avance un chiffre plus lourd : 49 morts et plusieurs dizaines de disparus, toujours coincés sous les décombres.
Les autorités provinciales attribuent l’éboulement aux fortes pluies qui auraient fragilisé le sol, rendant instable cette zone d’exploitation très fréquentée par les creuseurs artisanaux.
Mais au sein de la société civile locale, une autre version circule. Des témoins évoquent une altercation entre les creuseurs et les militaires chargés de sécuriser le site. Ces derniers auraient tiré en l’air pour disperser les artisans-mineurs, provoquant un mouvement de panique. Dans la confusion, un pont de fortune servant de passage se serait effondré, déclenchant le glissement de terrain fatal.
Ces versions contradictoires soulèvent des questions sur les conditions de sécurité sur ce site semi-industriel, où cohabitent exploitation privée, présence militaire et activités artisanales souvent non encadrées.
Une délégation du gouvernement provincial, accompagnée du Service d’assistance et d’encadrement du secteur artisanal minier (Saemape), s’est rendue sur place pour coordonner les opérations de secours. Les recherches se poursuivent pour retrouver les disparus, bien que les espoirs s’amenuisent face à la profondeur de l’éboulement.
Ce drame met une fois de plus en lumière la précarité des creuseurs artisanaux, exposés à des risques élevés dans des conditions de travail dangereuses, malgré les alertes répétées des organisations de la société civile. Entre pression économique, insécurité et absence de régulation stricte, les sites miniers du Lualaba demeurent des zones à haut risque, particulièrement en saison pluvieuse.
Les autorités provinciales sont attendues sur une communication plus détaillée dans les prochaines heures, alors que les familles des victimes réclament vérité et justice.
Eugène Laro
