Le président américain Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait envisager une intervention militaire au Nigéria si le gouvernement d’Abuja ne parvient pas à mettre fin aux violences ciblant des chrétiens dans plusieurs régions du pays. Cette déclaration a suscité de vives réactions de la part des autorités nigérianes et des observateurs internationaux.
Lors d’une allocution publique lundi 3 novembre, et sur ses réseaux sociaux, M. Trump a dénoncé ce qu’il qualifie de massacre de masse de chrétiens par des groupes terroristes islamistes, notamment Boko Haram. Il a indiqué avoir demandé au Pentagone de préparer des options rapides, pouvant aller de frappes aériennes à un déploiement limité de troupes, en cas d’inaction du gouvernement nigérian.

Cette menace intervient alors que Washington a récemment inscrit le Nigéria sur la liste des pays particulièrement préoccupants en matière de liberté religieuse.
De son côté, le gouvernement nigérian a rejeté les accusations américaines, rappelant sa souveraineté nationale et affirmant que les violences ne visent pas uniquement les chrétiens, mais touchent l’ensemble des communautés, chrétiennes comme musulmanes.
Selon Pascal Boniface, directeur de l’IRIS, les affrontements dans le pays sont « d’abord liés à des facteurs locaux, économiques et fonciers », plutôt qu’à une persécution religieuse organisée.
Les tensions se sont intensifiées après le massacre du 15 juillet 2025, lorsque des milices peules armées ont attaqué un village chrétien dans le centre du Nigéria, faisant au moins 27 morts et de nombreux blessés.
D’après Amnesty International, près de 10 000 personnes ont été tuées et plus de 450 000 déplacées au cours des deux dernières années dans les États du Benue et du Plateau.
Ces violences persistantes illustrent les profondes fractures intercommunautaires et la fragilité sécuritaire du Nigéria.
Les menaces d’intervention étrangère soulevées par Donald Trump ouvrent un débat sur les limites de la souveraineté nationale, les mandats internationaux possibles, et les risques d’escalade régionale dans un contexte déjà explosif.
Rédaction
