Un drame s’est produit dans la soirée du samedi 1er novembre 2025 à Zale, un aérodrome situé à environ 4 km à l’est de la commune rurale de Mahagi, dans le groupement Djupamamba, chefferie des War Palara. L’information a été largement diffusée par la cellule de communication de l’administration militaire du territoire de Mahagi, dans la province de l’Ituri.
Selon cette source, un sergent de l’armée ougandaise, Ekwar David, en état d’ébriété, aurait ouvert le feu sur son supérieur, le major Ukoya Gabriel, qu’il accusait d’entretenir une relation avec sa maîtresse. Plusieurs balles ont été tirées, entraînant un lourd bilan.
Le colonel Claude Tumba Kalala, administrateur militaire adjoint de Mahagi assurant l’intérim, a confirmé la mort de quatre personnes : deux militaires ougandais de l’UPDF le major Ukoya Gabriel et le sergent Mathieu Ovuni ainsi que deux femmes civiles. Il s’agit de Mme Giramiya Pascaline, de nationalité ougandaise, et de Mandawun Abedirwoth, congolaise et propriétaire d’un bistrot situé à proximité de l’aérodrome.
Le lendemain, dimanche 2 novembre, une réunion d’urgence s’est tenue entre les autorités ougandaises venues du district de Zumbu et l’administration militaire de Mahagi. Présidée par le colonel Claude Tumba Kalala, cette rencontre a abouti à la décision de lever les corps des trois ressortissants ougandais de la morgue de Mahagi pour leur offrir une inhumation digne.
Réaction politique : un élu s’indigne
L’honorable Gratin de Saint Nicolas Iracan, député de la ville de Bunia, chef-lieu de l’Ituri, a exprimé son indignation face à cette tragédie.
« Ce drame survenu en Ituri interroge la discipline et la coordination des troupes étrangères déployées en RDC. La paix ne saurait justifier la confusion ni la violation de notre souveraineté », a-t-il écrit.
Réaction populaire : la communauté locale s’insurge
L’incident a suscité une vague de réactions au sein de la population locale, qui condamne fermement ce qu’elle considère comme une bavure des forces étrangères censées sécuriser la région.
« Mahagi demeure un territoire pacifique de la province de l’Ituri. Que font ces éléments FARDC à Mahagi ? Entre la femme et la sécurité, qu’est-ce qui prime ? Nos jeunes filles doivent également éviter d’être en contact avec les forces armées, que visent-elles ? Ces éléments UPDF doivent aller là où il y a l’insécurité. Nous n’avons plus besoin d’eux », ont déclaré plusieurs habitants dans un vox pop réalisé sur place.
Appel à la conscience : tensions persistantes autour des troupes étrangères
Ce nouvel incident vient raviver les tensions liées à la présence des forces étrangères sur le territoire de Mahagi. Des appels à la responsabilité sont lancés, notamment à l’endroit des jeunes filles, invitées à adopter un comportement prudent afin d’éviter de se retrouver impliquées dans de telles situations.
D’après d’autres sources locales, un cas de violence sexuelle impliquant un militaire de l’UPDF aurait été signalé le mois précédent à Zale, ciblant une femme au sein d’une famille. Un acte vivement condamné par la population.
Jean Maurice Udaga



