Le président de l’Association nationale des parents d’élèves et étudiants du Congo (ANAPECO), David Mputu, a tiré la sonnette d’alarme face à la persistance de certaines écoles qui continuent d’exiger le paiement des frais scolaires en dollars américains, en dépit des instructions claires du gouvernement congolais.
Dans une interview accordée à la presse locale ce vendredi 24 octobre 2025, il a dénoncé une « désobéissance aux textes légaux », pointant du doigt plusieurs promoteurs et chefs d’établissements qui imposent encore des paiements en devise étrangère.
« Il y a des écoles qui demandent les frais au taux de 2.700, 2.800, voire 3.000 francs congolais pour un dollar, à cause de la baisse du taux du dollar sur le marché congolais. La Banque centrale a fixé le taux à 2.200 FC pour un dollar. C’est une escroquerie que nous ne pouvons plus tolérer », a déclaré David Mputu.
Il a rappelé que la réglementation nationale impose que tous les frais scolaires soient fixés et payés en francs congolais (CDF), la monnaie nationale. Pourtant, de nombreux établissements, notamment privés et conventionnés, continuent de convertir les montants en dollars, profitant de la fluctuation du taux de change pour augmenter abusivement les coûts.
« Nous appelons cela une idolâtrie monétaire, car ces responsables préfèrent le dollar au franc congolais, alors que la loi est claire », a-t-il insisté.
Face à cette situation, le président de l’ANAPECO appelle les autorités éducatives notamment le directeur provincial de l’EPST, l’inspecteur provincial et les chefs de pool à protéger les parents contre cette pratique illégale. Il exhorte également la Division provinciale de l’Économie à faire appliquer la loi et à sanctionner les établissements récalcitrants.
« Si un promoteur ou un chef d’établissement ne respecte pas les textes, qu’on lui inflige une amende. L’État doit faire respecter ses propres règles », a-t-il souligné.
Interrogé sur la responsabilité des écoles dites conventionnées, souvent gérées par des confessions religieuses, David Mputu s’est montré ferme :
« Il n’existe pas d’écoles au-dessus de la loi. Qu’elles soient catholiques, protestantes, kimbanguistes ou autres, toutes sont tenues de respecter les instructions du ministère de l’Éducation nationale. »
Il a enfin lancé un appel aux médias et à la population pour signaler les établissements qui violent la réglementation, afin de permettre à l’État d’intervenir.
« Aidez-nous à identifier ces écoles. Ensemble, nous devons protéger les droits des parents et garantir une éducation accessible à tous », a conclu le président de l’ANAPECO.
Cette déclaration intervient alors que de nombreux parents en Ituri dénoncent une hausse incontrôlée des frais scolaires, conséquence directe de la volatilité du taux de change du dollar sur le marché. L’ANAPECO promet de poursuivre sa campagne de sensibilisation et de contrôle à travers tout le pays afin de faire respecter la loi.
Eugène Laro




