L’homme politique congolais Seth Kikuni a été libéré après avoir passé plusieurs heures en détention à l’Agence nationale de renseignements (ANR). Dans une déclaration rendue publique ce samedi 19 octobre 2025, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « détention arbitraire » et de tentative d’intimidation liée à ses activités politiques récentes.
« Quelle que soit la longueur de la nuit, le soleil finit toujours par se lever. Après une journée aux mains de l’ANR, où j’ai été arbitrairement détenu dans une cellule souterraine non éclairée et non aérée avant d’être auditionné, je suis enfin libre », a écrit Seth Kikuni sur son compte X.
L’opposant affirme que ses téléphones et effets personnels ont été confisqués par les services de sécurité, lesquels chercheraient, selon lui, à « fabriquer des pièces à conviction pour nuire » à sa réputation.
Dans son message, l’ancien candidat à la présidentielle a également exprimé sa gratitude envers les organisations et les citoyens qui se sont mobilisés pour sa libération.
« Ce combat pour la liberté est un chemin qu’ensemble nous allons poursuivre jusqu’à la victoire finale. L’arbitraire et la tyrannie n’auront pas raison du droit et de la démocratie dans notre pays », a-t-il lancé, avant de conclure par : « À bas la tyrannie. À bas la dictature. Sauvons la RDC. »
Contexte politique tendu après le conclave de Nairobi
La détention de Seth Kikuni intervient quelques jours après sa participation, les 14 et 15 octobre à Nairobi (Kenya), à un conclave de l’opposition organisé autour de l’ancien président Joseph Kabila.
Cette rencontre a abouti à la création d’une nouvelle plateforme politique baptisée « Sauvons la RDC », placée sous la présidence de Joseph Kabila, avec Seth Kikuni désigné comme porte-parole.
Les participants à ce conclave ont dénoncé ce qu’ils appellent la « tyrannie » et la « dictature » du régime du président Félix Tshisekedi, appelant à un dialogue inclusif pour « restaurer la démocratie » en République démocratique du Congo.
De son côté, le gouvernement congolais a qualifié cette réunion de “messe noire”, accusant ses organisateurs de manœuvrer contre les institutions légitimes du pays.
Agé de 42 ans, Seth Kikuni est connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir en place. Il avait été libéré de la prison de Makala le 1er mars dernier, après six mois de détention, à la suite d’une condamnation à un an d’emprisonnement pour « incitation à la désobéissance civile » et « propagation de faux bruits ».
Sa récente arrestation par l’ANR relance le débat sur les libertés publiques et le respect des droits politiques en RDC, à un moment où le climat politique semble se durcir autour des voix critiques du pouvoir.
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