Le Cadre de concertation des ressources naturelles (CDC) a lancé, ce mardi 7 octobre 2025 à Bunia, un appel pressant en faveur d’une réforme profonde du système énergétique en République démocratique du Congo. Dans un communiqué, l’organisation a dénoncé la fragilité du secteur, illustrée récemment par une panne électrique survenue à l’aéroport international de Ndjili, à Kinshasa, qui a failli compromettre l’atterrissage de l’avion présidentiel.
Le secrétaire permanent du CDC estime que cet incident révèle « la réelle difficulté du pays en matière de fourniture d’électricité », avec des répercussions graves sur des secteurs clés tels que la santé, l’industrie, l’environnement et l’économie.
Face à cette situation, le CDC recommande au gouvernement congolais de convoquer en urgence des États généraux de l’énergie. L’objectif serait de mettre en place un système décentralisé, permettant à chaque zone du pays de s’appuyer sur ses propres ressources énergétiques.
« La RDC dispose d’énormes potentialités. Nous avons des cours d’eau, des zones favorables au solaire, et même à Bunia, la possibilité de développer des centrales hydroélectriques locales. Ce qu’il faut, c’est une planification claire et inclusive », a expliqué Dieudonné Kasinia, responsable du CDC en Ituri.
L’organisation plaide pour un mix énergétique diversifié, misant notamment sur :
– des petites centrales hydroélectriques dans les entités locales ;
– des systèmes solaires décentralisés ;
– des solutions hybrides combinant hydraulique, groupes électrogènes et énergie solaire, afin d’assurer une transition automatique en cas de panne.
Concernant Bunia, la société Green Tech Energy, qui exploite actuellement la centrale hydroélectrique de Budana, est encouragée à élargir son dispositif.
« Green Tech ne doit pas se limiter à une seule source, mais adopter un système hybride afin d’éviter des interruptions récurrentes », a insisté Dieudonné Kasonia.
Le CDC rappelle que plusieurs petites centrales construites dans le passé représentant environ 80 % des installations locales sont aujourd’hui à l’abandon. Leur réhabilitation pourrait offrir une solution rapide pour combler le déficit énergétique.
« Nous ne remettons pas en cause les efforts fournis par Green Tech, mais il est temps d’aller plus loin. Le pays doit intégrer la notion de mix énergétique et canaliser toutes les sources dans un réseau unifié », a conclu M. Kasonia.
Alors que la demande en électricité ne cesse de croître, cette interpellation met en lumière l’urgence pour la RDC de valoriser ses ressources naturelles afin de bâtir un système énergétique stable, durable et inclusif.
Eugène Laro




