A Bunia, les habitants touchés par les travaux d’extension de l’aéroport Murongo ont exprimé leur colère ce mercredi 24 septembre 2025. Ils exigent des autorités locales, en particulier du gouverneur militaire, une indemnisation rapide et des garanties de sécurité.
Parmi les personnes concernées, plusieurs figurent déjà sur la liste officielle des victimes. Elles demandent le versement immédiat des compensations, notamment celles identifiées sur les 400 mètres de la zone impactée. D’autres, situées à 65 mètres de part et d’autre de la piste, attendent encore d’être recensées dans le cadre de la quatrième phase du processus.
Les victimes réclament également la publication d’un calendrier précis pour les indemnisations et le déguerpissement, ainsi que le traçage de routes secondaires pour désenclaver les quartiers avoisinants. La sécurité autour du chantier reste une préoccupation majeure, les habitants appelant les autorités à prévenir tout risque lié aux travaux en cours.
Dans une déclaration adressée aux autorités provinciales, les victimes ont exprimé leur désespoir et leur détermination à faire valoir leurs droits. Elles appellent à une implication directe des responsables, en soulignant que « le silence des autorités sera perçu comme un abandon». Elles préviennent que « tout incident causé par le retard d’indemnisation sera imputé aux autorités compétentes».
Malgré leur frustration, les habitants réitèrent leur soutien aux projets du chef de l’État, tout en demandant que leur situation soit prise en compte. Lors d’une rencontre, plusieurs victimes ont témoigné de leur détresse face aux dangers persistants et à la flambée du prix des parcelles. L’une d’elles a lancé avec émotion :
« Il doit nous aider. Il doit nous soutenir. Que le gouverneur militaire intervienne vite et plaide à notre cas, aujourd’hui le prix de parcelle a haussé. »
Face à cette mobilisation, l’entreprise Mont Gabaon, chargée des travaux, a réagi à la lettre des habitants. Dans sa réponse, elle remercie les plaignants pour leur démarche et précise que leur requête est bien adressée. Toutefois, elle rappelle que le dossier relève de la compétence de l’État congolais, s’agissant d’une expropriation pour cause d’utilité publique.
Mont Gabaon indique avoir déjà indemnisé certaines familles par ses propres moyens, ce qui a permis d’avancer les travaux sur la piste jusqu’à 2,5 kilomètres. Mais elle affirme ne plus disposer des ressources nécessaires pour poursuivre les compensations, et appelle l’État à prendre le relais.
Une délégation officielle s’est rendue sur les lieux le dimanche et a quitté le lundi. Selon Mont Gabaon, les membres de cette mission ont pris note des préoccupations et se sont engagés à transmettre le dossier aux ministères concernés, notamment ceux des Travaux Publics et des Finances.
L’entreprise insiste sur le droit légitime de la population à s’exprimer, tout en réaffirmant qu’elle n’est pas responsable de l’indemnisation. Elle attend une action rapide de l’État afin de permettre la reprise et l’achèvement des travaux dans les meilleures conditions.
Une affaire à suivre de près, alors que l’avenir de l’aéroport Murongo dépend désormais d’une solution concertée entre les autorités et les habitants concernés.
Eugène Laro




