La peur s’installe au sein du clergé catholique de Bunia après une nouvelle attaque contre la propédeutique Saint Kizito de Muzimpela, dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 septembre 2025. Il s’agit de la troisième intrusion en moins d’un mois dans cette résidence sacerdotale, relevant du diocèse de Bunia.
Aux alentours de 23 heures, des malfaiteurs armés de marteaux, couteaux, pinces et tournevis ont pris d’assaut la maison. Le gardien, première cible des assaillants, a été torturé et grièvement blessé alors qu’on lui exigeait de révéler l’emplacement de l’argent, a rapporté l’abbé Jean-Deogratias Budjona lors d’une déclaration publique.
Pris au piège, l’abbé Justin Logo a été attaqué dans son salon et blessé au bras par un projectile en pierre alors qu’il tentait de contenir l’intrusion. Le gardien, lui, a subi de graves traumatismes aux mâchoires et aux bras après avoir été violemment frappé à coups de marteau.
Alertée, une patrouille militaire est intervenue pour sécuriser les lieux jusqu’au matin. Mais l’incident alimente l’inquiétude grandissante des prêtres face à la recrudescence des attaques visant leurs résidences.
« Nous avons l’impression d’être devenus une cible », a confié l’abbé Budjona, appelant les fidèles à la prière et exhortant les autorités provinciales à renforcer la sécurité. Les religieux demandent des mesures concrètes et coordonnées afin de protéger non seulement leurs communautés, mais aussi l’ensemble des institutions locales.
Reste une question préoccupante : ces attaques répétées relèvent-elles d’une stratégie ciblée contre l’Église ou de simples actes de criminalité urbaine ? Les prêtres espèrent désormais que les autorités répondront à cette inquiétude par des actions fermes et durables.
Eugène Laro




