Le député national Gratien Iracan, élu de Bunia, hausse le ton. Face aux massacres à répétition qui endeuillent la province de l’Ituri depuis juin 2025, l’élu dénonce le silence « insoutenable » de l’Assemblée nationale, qu’il accuse de passivité et de mépris envers les populations meurtries.
« Alors que des atrocités se succèdent et que des familles entières sont décimées, notre institution demeure muette : pas de réaction officielle, aucune suite aux correspondances, aucun signe de compassion envers les populations en détresse », s’indigne-t-il.
Pour Iracan, ce mutisme parlementaire constitue une abdication de responsabilité et une trahison du mandat de représentation nationale. Il fustige un Bureau de l’Assemblée qu’il juge enfermé dans des « calculs politiciens » et des « querelles de positionnement », au détriment de la mission première de l’institution.
« Cette politisation stérile détruit la confiance du citoyen, nourrit l’impunité et fragilise dangereusement notre démocratie », alerte-t-il.
Le député de Bunia pointe également du doigt certains militaires accusés d’exactions dans la région, face auxquelles l’Assemblée nationale serait restée « de marbre ». Il appelle à une réaction urgente de la plénière pour « recadrer le Bureau » et réorienter l’action parlementaire vers la défense des droits fondamentaux.
« Le silence du Bureau est inacceptable et indéfendable. L’histoire retiendra notre passivité si nous continuons à détourner le regard », prévient-il, exhortant ses collègues à sortir de l’indifférence et à assumer pleinement leur rôle.
Dans une province ravagée par des années de violences, cette prise de parole musclée résonne comme un appel à la conscience nationale. Pour Gratien Iracan, l’Assemblée ne peut plus se réfugier derrière les luttes internes alors que des innocents tombent chaque jour sous les balles des groupes armés.
Heri Budjo Joël



